Résistance en terre mexicaine

Résistance en terre mexicaine
La terre mexicaine poudrière d’une rébellion sousterraine

Oaxaca ou le projet fromage gruyère

juin 6th, 2017

Oaxaca ou le projet fromage gruyère

 

Le capitalisme sauvage et l’État

 

Le développement et le progrès sont deux notions utilisés par l’idéologie néolibérale pour implantés des projets qui sont basés sur une économie d’extraction des ressources naturelles et sur l’utilisation d’une main d’œuvre à bon marché. Se système d’extraction qui recherche la plus value à tout prix se protègent  avec l’état bourgeois, ses lois et ses forces répressives.

 

Pour pouvoir extraire ces ressources, l’État bourgeois fait des accords avec des multinationales étrangères spécialisés (bois, eau, minerais, énergie renouvelable,  plantes, etc.) créant ainsi des bloques économiques qui favorisent les pays riches ou nichent ces multinationales. Le Mexique est un de c’est pays (comme tout le reste de l’Amérique latine…). Le Mexique participe à plusieurs accords économiques comme l’ALÉNA, le Plan Puebla Panama ( ou maintenant renommé le Plan Mésoamérique), le Plan pour la Sécurité et la Prospérité.

 

L’État bourgeois reçoit des pressions des corps économiques internationales pour réformer ses institutions et ses lois par des ajustements structurelles. Ces ajustements sont conditionnés par des prêts que des institutions comme le FMI et la banque Mondiale font pour favoriser le développement (le concept de développement est bien sur relié avec le concept de dépendance). Le FMI a fait un prêt récemment au Mexique de 40 mille millions de dollars puisque le gouvernement mexicain a été un bon élève dans ses ajustements structurelles (privatisation de PEMEX(1), privatisation de l’électricité, militarisation du pays, pour assurer la sécurité des intérêts financier, création d’infrastructure pour permettre l’extraction des ressources naturelles, modification de la constitution, etc.). Bref le gouvernement du Mexique est un bon élève de la maison Blanche à Washington et de son impérialisme.

 

 Pour faire passer ses accords économiques, les trois niveaux de pouvoirs (législatifs, juridiques et militaires) s’adaptent pour permettre leurs applications. Au niveau législatif, l’État modifie la constitution pour permettre l’entré en vigueur de tels projets. Au niveau juridique, des équipes spécialisées étudient les lois soit pour les contourner ou pour les modifier (soit pour corrompre les fonctionnaires) quant à l’impartition d’une justice qui ne bénéficie que les riches. Au niveau militaire, les différents corps répressifs légaux (armé, police, corps de sécurité privé, services secret) et extra légaux (paramilitaires, mercenaires, forces armé étrangères) font en sorte que la paix sociale maintient les intérêts de la bourgeoisie et de la propriété privé comme thème principale de la sécurité nationale.

 

L’autre forme de pouvoir est celui des médias qui permettent une légitimation  à travers du contrôle de l’information et la justification de la liberté d’expression (qui est évidemment totalement fausse puisque l’information des masses médias est contrôlé par des médias qui représentent les intérêts de la classe dominante). La plupart des médias sont saliniste (Carlos Salinas de Gortari est celui qui effectua les ajustements structurelles nécessaires à l’entré de l’ALÉNA). Cette forme de gouvernement est supposément démocratique puisque chaque 6 ans ils appellent le peuple à aller voter selon leurs valeurs et leurs intérêts… Mais quand nous savons toute la corruption et les intérêts des partie politiques nous pouvons remettre en doute cette démocratie bourgeoise.

 

La militarisation du Mexique

 

Et quant cet ordre ou cette paix sociale se voit affecté par des mouvements sociaux (soit pacifique ou soit armé). Les exemples sont amples comme le cas de Guerrero avec des mouvements sociaux combatifs comme les écoles normales, les mouvement paysans (OCSS, etc.), la police communautaire, les mouvements armés (EPR, ERPI), les radios communautaires, le Chiapas avec l’EZLN et les communautés autochtones en résistance, comme dans le cas du conflit sociale entre l’APPO (Assemblé Populaire des Peuples de Oaxaca) et le gouvernement Priiste de Ulises Ruiz Ortiz à Oaxaca, une guerre asymétrique dénommé guerre de basse intensité ou guerre sale. Cette guerre non déclaré permet une militarisation des régions ou la population c’est organisé pour résister aux projets néo-libéraux et aux politiques fascistes du gouverneur.

 

Le discours officiel prétend faire la guerre aux narcotrafiquants alors qu’il s’agit d’une justification pour militariser le pays et pour implanter des lois totalitaire, qui nous rappelle les dictatures militaires qu’ont souffert les peuples d’Amérique Latine. Ce discours permet aussi l’aide militaire des États-Unis, à travers l’initiative Mérida ou le Plan Mexico, qui permettra l’obtention de 1400 millions en plus pour usage strictement militaire au Mexique. Cette guerre de basse intensité se fait à travers de contrôle routier, d’emprisonnements illégaux, d’abus des droits humains, de disparitions de certains individus impliqués dans le mouvement sociale, d’écoute électroniques, d’occupation militaire des zones pauvres et marginalisés urbaines et des communautés autochtones et rurales pauvres, de formation de groupe paramilitaires pour attaquer directement le mouvement sociale ou d’assassiner de façon sélective ou à travers des massacres (Aguas Blancas, el Charco, Actéal, Taltelolco, etc.), torture, violations sexuelles et féminicides (Oaxaca, ciudad Juarez, Atenco, Tapachula etc), répression massive de la population pauvre qui s’organise pour exiger leurs droits.

 

Le cas des mines à Oaxaca et l’implication du Canada

 

Oaxaca est extrêmement riche en ressources naturelles et en cultures, ce qui en fait une cible parfaite pour l’implantation de projets néo-libéraux. De nouveaux projets miniers sont entrain de voir le jour. Seulement dans la région de Vallé centrale, 16 projets sont en phases d’explorations ou ont commencé l’exploitation. Le Canada est le pays qui remporte la palme d’or quant à sont implication dans les projets miniers.

 

Oaxaca est répartie géographiquement dans 7 région (Mixteca, sierra norte, Papaloapam, sierra sur, costa, valle centrale, Cañada, et l’istmo) dans lesquelles habitent 16 peuples autochtones avec une population totale approximative de 3 millions de personnes. La grande majorité de la population est autochtone et Oaxaca est l’État avec la majeure concentration de terres collectives. La grande majorité des municipalités s’organisent autour des usages et coutumes (480 de 570) et du travail communautaire (tequio). La communalité est la forme d’organisation des communautés autochtones et c’est à travers cette logique que les communautés organisent leurs résistances. La communalité signifie l’usage collective des terres et du territoire (gain des luttes agraire de Emiliano Zapata et de la révolution mexicaine de 1910-1917 représenté dans l’article 27 de constitution), les fêtes communautaires, les autorités sont non rémunéré et font un service pour la communauté et dépende de l’assemblé communautaire, le tequio ou le travail communautaire.

 

La communalité  ou la vision autochtone du monde rentre directement en conflit avec la conception occidentale et capitaliste du monde. Puisque la terre ne peut devenir une propriété privé car elle est considéré comme la mère terre qui donne protection et nourriture, et nous ne pouvons ni vendre ni acheter notre mère. Le mode d’organisation des communautés est communautaire et rentre directement en conflit avec les principes d’une démocratie représentative puisqu’elle est une démocratie directe (l’assemblé communautaire décide). Les fêtes communautaires s’opposent aux fêtes commerciales, et le travail communautaire s’opposent au travail salarié. C’est à travers cette forme d’organisation que les communautés résistent aux pressions du capitalisme dans leurs communautés.

 

L’État mexicain a préparé le terrain depuis 1992 pour l’entré massif du capital financier minier canadien et étranger en territoire mexicain. Dans la législation mexicaine, la modification de l’article 27 qui protégeait les terres collectives et l’entré de programme comme PROCEDE et PROCECOM ont tracé le chemin pour la privatisation des terres. La loi sur les mines donne priorité à l’usage minier avant n’importe quel autre usage sur la terre donc si l’investigation géologique trouve une zone ou il y a un potentiel minier, l’entreprise minière à priorité sur la communauté. Il y a aussi la loi sur l’investissement étranger qui permet aux multinationales de financer à 100% leurs projets. De plus l’impartition de justice est maintenant institutionnalisé, se qui crée un conflit d’intérêt puisque ceux qui impartissent la justice sont ceux qui répriment. Et pour combler le tout lors d’un conflit avec une mine les militaires interviennent puisque les explosifs sont présents sur le lieu de travail.

 

En se moment plus de 29 projets miniers sont officiellement reconnues à Oaxaca. Seulement dans la région d’Ocotlan 54 000 hectares de terres collectives ont été expropriés pour un projet minier par l’entreprise minière canadienne Fortuna Silver Mines. Nous savons dans quel esprit fonctionne l’état en se moment, nous avons pu le constater lors de la répression du peuple de Magdalena Ocotlan, et de San José del Progreso, qui eux aussi sont affecté par un mine, qui n’est pas à ciel ouvert mais dont les dommages en sont pas moindre. En mars dernier la communauté ont appris la présence de la mine qui était exploité depuis deux ans et demi, ils se sont rendu compte de sa présence et de l’impacte à cause de la dynamite utilisé, se qui a causé l’affaiblissement et même la chute des fondations des maisons. La population en désaccord s’est manifesté et après deux mois de blocage de la mine, le 6 mai 2009, l’État répressif a envoyé plus de 1500 effectifs policiers et militaires pour réprimer le peuple, une femme de plus de 70 ans a été frappé à coup de matraque, une jeune femme enceinte avec son enfant dans les bras aussi, et plusieurs prisonnierEs politiques. Après ces actes de violences le travail de la mine a continué sont chemins sans encore une fois, prendre en compte  l’avis de la population. La mine de Taviche jusqu’à coté lors de sont exploitation a causé la morts de 38 des 40 travailleurs qui y étaient.

 

Dans leurs affame de maximiser les profits, la technologie minière permet maintenant les mines à ciel ouvert là ou le pourcentage de minerais est faible dans les gisements en utilisant la lixiviation par le cyanure (comme dans le cas de l’or) assure  97% de l’extraction du minerai de la roche. Les mines à ciel ouvert sont des activités de grandes envergures industriels qui ont un impacte très élevé au niveau de l’environnement, au niveau social et au niveau culturelle. Elles sont aussi caractérisés comme insoutenable, par principe qu’elles entends l’exploitation des ressources jusqu’à épuisement. Les mines à ciel ouvert remuent la cape superficielle et surcharge de la terre pour rendre accessible les gisements de minerais de basses qualités. L’équipement moderne et la grosse machinerie permettrent de remuer des montagnes de terres en quelques heures et de rendre rentable l’extraction de moins de un gramme d’or par tonne remué. Elles utilisent aussi en très grandes quantités du cyanure, substance extrêmement toxique qui permet de séparer l’or de la roche. Cette substance tue la vie végétal, la faune et les êtres humains, cause l’infertilité des sols, contamine l’eau, crée des problèmes respiratoires, de peaux, des cancers, des nausées, l’irritation des yeux etc. Pour faire une mine à ciel ouvert  il faut creuser un cratère géant qui peut mener de 150 hectares d’extension à plus de 500 mètres de profondeur.

 

Dan la région de la Cañada proche de la ville métis de cuicatlan vit un peuple autochtone qui se nomme les cuicathèques vivant encore de la production du mais, du haricot, de la courge, des arbres fruitiers, de l’élevage, etc. qui occupent le territoire depuis plus de 2500 ans ayant résisté à l’envahissement des espagnols et ayant défendus leurs terres pendant l’époque de Porfirio Diaz. Ils se sont réfugiés dans la partie montagneuse délaissant les terres fertiles aux agglomérations urbanisés ou semi rurale. L’ironie du sort veut qu’aujourd’hui il soit menacé d’être exproprié de leur territoire de plus de 3500 hectares par un projet minier dont l’entreprise est canadienne Almaden qui est en charge de la phase d’exploration. Il estime à 300 gr par tonne le pourcentage en or dans les failles géologique détecté par l’INEGI (Institution fédérale en charge des plaques qui permettes de topographier les cartes géologiques au niveau fédérale), alors que seulement un gr est rentable par tonne. Le prix actuel de l’or frôle 395$ l’onze, ce qui laisse croire que le projet dénommé Raquelita 1 n’est que le début d’un long cauchemar pour le peuple cuicatèque… Si cette mine s’exploite, il y aura la disparition d’une communauté entière, la contamination de l’eau, et pour certaines communautés même la disparition de la source d’eau, l’infertilité des sols. Mais les communautés commence à s’organiser à travers du congrès autonome cuicatèques pour mettre les bases d’une résistance efficaces. La présence militaire c’est déjà faite sentir dans 2 communautés (cela n’était pas arrivé depuis plus de 20 ans. Et Ulises Ruiz Ortiz a déjà fait des déclarations pour diffamer l’organisation et les a accusé de conspirer avec le sub commandante Marcos et la guérilla du EZLN, voulant ainsi justifier la présence de troupe militaire face à un mouvement qui s’organise sur les bases de leurs droits à l’autodétermination, qui est implicitement dicté par des lois internationales comme l’article 169 de l’OIT (organisation internationale du travail).

 

Non aux projets miniers  qui saccagent les ressources naturelles des communautés autochtones!

Oui à l’autodétermination des peuples!

Liberté aux prisonnierEs politiques!

Mort à la dictature du capitale!

 





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